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Les Petits formats ::..

 

Nous allons parler dans cette partie des appareils petits formats qui ont succédé aux grands, moyens formats et appareils plus anciens tels que la camera obscura.

Entre 1883 et 1890, la firme Kodak de George Eastman introduit les appareils de petit format, c'est à dire un rouleau de film au format "35mm" (24x36mm), ainsi naît le premier petit format Kodak.

Nous allons aborder les principales notions de bases de la photographie argentique pour comprendre quelles modifications ont bouleversé la photographie aux grands et moyens formats. 

 

I) FONCTIONNEMENT

A) L’objectif photo 

L'objectif photo a été inventé pour permettre de pallier à certaines difficultés liées à la chambre noire ou au sténopé.L'objectif est un ensemble optique qui capture la photographie en focalisant la lumière sur le capteur. Il permet de former une image des objets situés devant lui. Il y a 2 types d'appareils photos :

- Les appareils à objectif fixe où l'on ne peut pas changer l'objectif (appareils dits "compacts").

- Les appareils à objectifs interchangeables où l'on peut changer l'objectif (appareils dits "reflex").

 Objectif photo 

 

1) La focale de l'objectif

La focale de l'objectif qui s'exprime en millimètre est la distance qui sépare l'objectif du plan du film (lorsque la mise au point est faite à l'infini). Plus la distance focale de l'objectif est grande plus l'angle de champ sera petit. En format 24x36 la focale standard est de 50mm,  car c'est celle qui approche le plus l'angle de vision humaine. Il y a 2 types de focales :

- Les objectifs à focale fixe sont des objectifs qui n'ont qu'une seule et même focale et donc pas de zoom, c'est le cas des appareils bas de gamme ou des appareils très compacts et gadgets. 

- Les objectifs à focale variable sont des objectifs dit "zoom" qui ont la particularité de faire varier la distance focale et donc d'augmenter ou de diminuer la proximité virtuelle de l'objet.

 

 
Illustrations de l'angle de champ.

 

 
Cliché pris à plusieurs focales différentes

 

2) Le diaphragme 

Le diaphragme a pour but de déterminer la quantité de lumière qui rentre dans l'objectif, il détermine aussi l'ouverture qui correspond à la luminosité maximale quand le diaphragme est ouvert.
Sur la plupart des appareils modernes, le diaphragme ne se ferme que lors du déclenchement... Il est délicat de viser dans le noir. Ainsi observer la structure de cet élément à travers l'objectif de son "reflex" est impossible, à moins d'avoir enclenché la pose B de votre appareil ou le testeur de profondeur de champ* (s'ils existent). L'ouverture du diaphragme peut-être fixe sur des appareils très simples. Sur d'autres, il faut régler à la main la valeur d'ouverture grâce à une bague autour de l'objectif.
Les valeurs d'ouverture sont normalisées :
1 - 1.4 - 2 - 2.8 - 4 - 5.6 - 8 - 11 - 16 - 22 - 32 - ...
Pratiquement, on note une ouverture en la précédant d'un "f/".

                                       
Les principes suivants sont identiques:
- Plus la valeur de diaphragme est grande, plus le diamètre est petit ;
- D'une valeur à l'autre, on double la luminosité. Ainsi passer de f/5.6 à f/8 équivaut à faire passer deux fois moins de lumière à travers l'objectif.

Plus le diaphragme est ouvert plus la profondeur de champ qui est la zone nette est réduite. Donc si l'on augmente la luminosité en ouvrant le diaphragme on réduit les parties nettes de l'image. C'est en cela que la lumière en photographie est primordiale car elle permet si elle est élevée de réaliser des photos lumineuses avec une grande profondeur de champ. 

 Les arbres verts foncés sont nets, tandis que les arbres verts clairs sont flous.

 

B) L’obturateur 

L'obturateur détermine la durée d'exposition du film. Il existe 2 types d'obturateurs:

- l'obturateur central: il s'agit d'un mécanisme d'horlogerie et de ressorts commandant le pivotement d'un jeu de lamelles, le plus souvent en acier à proximité du diaphragme donc vers le centre de l'objectif. Le modèle simple comprend 3 lamelles qui pivotent et découvrent le centre de l'objectif lorsque l'on déclenche.

- l'obturateur focal: il fait partie de l'objectif. Il intercepte et laisse passer les rayons lumineux au centre de celui ci. Il est le plus souvent constitué de 2 rideaux qui se déplace en laissant entre eux une fente de largeur variable au travers de laquelle se fait l'exposition complète du film.

Les vitesses d'obturation sont normalisées :
1 seconde - 1/2s - 1/4s - 1/8s - 1/15s - 1/30s - 1/60s - 1/125s - 1/250s - 1/500s - 1/1000 s - 1/2000s ...
Une grande majorité des appareils ont adopté un système d'obturateur à rideaux, placé entre le film et l'objectif. C'est le cas de presque tous les appareils reflex 24X36.


C) La visée reflex 

La visée reflex doit son énorme succès au fait qu'elle est la seule qui reproduise dans un viseur l'image exacte du sujet avec son cadrage et sa netteté. Les rayons ayant traversé l'objectif sont renvoyés par un miroir à 45° et forment l'image du sujet sur un verre dépoli placé au-dessus de l'appareil. Le miroir s'escamote au moment du déclenchement c'est à dire qu'il pivote pour se plaquer sous le verre dépoli pour dégager la surface sensible. Le retour du miroir se fait instantanément, sur les modèles actuels en tout cas, ce qui supprime une éventuelle "phase aveugle". 

D) Mise au point 

Pour obtenir selon la distance du sujet une image nette de celui -ci, il y a généralement lieu de faire varier la distance entre l'objectif et le plan du film..Dans presque tous les cas on éloigne l'objectif du film. 
Sur certains appareils, il n'y a aucun réglage à effectuer : ce sont des appareils à diaphragme fixe très fermé (part exemple f11), permettant une image nette de 1-2m à l'infini (voir le paragraphe sur la profondeur de champ).

Pour permettre une mise au point précise, les fabricants se sont tout d'abord tournés vers des systèmes mécaniques :

- Mise au point manuelle reflexe 

Pour observer l'image à travers le viseur celle-ci est matérialisée. C'est le rôle du  dépoli*, une lame de verre dont la face avant est irrégulière :

La possibilité de faire une mise au point précise via l'observation de l'image sur le dépoli est souvent insuffisante, et il a fallu intégrer au verre de visée d'autres composants d'aide à la mise au point.
Parmi ceux-ci, le stigmomètre*, au centre du viseur, fait apparaître deux images du sujet, qu'il faut superposer :
 

 

 

Le télémètre 

Les systemes télémètriques permettent d'effectuer une mise au point très précise. Il s'agit d'un dispositif optique, généralement couplé à l'objectif :

Au centre du viseur, sont donc renvoyées deux images du sujet. Lorsque ces deux images sont superposées, la mise au point est faite.
 

L'autofocus est un systeme qui permet d'effectuer une mise au point automatique. Il existe 2 types d'autofocus:

- Le système actif:

Le systeme actif utilise le télémètre : une cellule émettrice envoie un rayon infra-rouge sur le sujet, et une cellule réceptrice reçoit ce rayon, la distance entre le sujet et l'objectif peut alors être mesuré.

- Le système passif : on utilise des capteurs CCD situés au fond de la chambre noire qui jugent d'après le contraste de l'image si l'image est nette ou non.

 

 

II) Exposition de l’image

L'exposition de l'image est déterminée par la quantité de lumière. Une image pas assez éclairée sera sombre et dite sous-exposée, une image trop éclairée sera trop lumineuse et dite sur-exposée (voir exemple ci-dessous): 

             

 

III) Les pellicules

Le nom "petit format" ou 35mm vient du type de pellicules (ou films) utilisés : 24x36mm. Le film est composé d'halogénure argent qui selon sa nature, sa grosseur et la composition du support sur lequel il se trouve réagit à des vitesses différentes. La sensibilité du film est exprimé en ISO, les films peuvent avoir différents ISO: 50, 100, 200, 400, 800 etc.  Plus le nombre d'ISO est élevé plus la sensibilité du film est grande. Un film 400 ISO est par exemple deux fois plus sensible qu'un 200 ISO.

Le choix de la sensibilité dépend de la lumière lors du déclenchement : plus la lumière est faible plus on utilisera des films de grande sensibilité. 

Il existe de nombreux types de films: noir et blanc ,couleur, etc.

Ils sont toujours constitués:

 - d'un support.

 - de couches annexes.

 - d'une ou plusieurs couches sensibles à la lumière.

 

Les films noir et blanc sont sensibles à l'ensemble du spectre, ce sont des films panchromatiques*.

Un négatif noir et blanc inverse la luminance (le noir devient blanc).

Un négatif couleur inverse la luminance et aussi les couleurs : le rouge par exemple devient vert (couleur complémentaire).

 

IV ) Le développement

 La surface du film est composée de gélatine constituée de micro-cristaux d'hallogénure d'argent , chlorure ou bromure.

Lors du développement on fait passer après l'agrandissement la surface sensible dans 3 bacs : le révélateur, le bain d'arrêt et le fixateur. Nous allons étudier les réactions chimiques dans ces bacs et la formation de l'image lors du déclenchement:

 

1) Formation de l'image :

La lumière parvient sur la pellicule sous la forme d’un photon. Ce photon vient réagir sur un des composants de la pellicule : l’halogénure d’argent. Le photon vient éjecter un électron de l’halogénure, ici un bromure :

Br- -> Br + e-

Le radical brome formé se combine avec un autre radical brome pour former du dibrome :

2 Br -> Br2

Tandis que l’électron vient réduire les ions Ag+ en argent colloïdal* Ag : il y a réduction photochimique.

Ag+ + e- -> Ag

Il y a donc formation d’argent colloïdal sur les zones éclairées.

 

2) La révélation :

Il faut ensuite réaliser l’opération d’agrandissement qui permet de multiplier la quantité de grains d’Ag. Le principe de la révélation est basé sur le fait que lorsqu’un cristal se forme, il s’agrandit autour des cristaux déjà formés. Les cristaux de Ag déjà formés l’ont été par les photons. L’image latente déjà formée va donc se contraster si on réduit les ions Ag+ en ions Ag. Cette opération est réalisée par un réducteur, l'hydroquinone H2Q.

Cette opération doit impérativement être limitée dans le temps pour éviter de noircir tout le négatif. L'opération se déroule en milieu basique, l'hydroquinone  est sous forme diphénolate.

H2Q + 2OH- = Q2- + H2O

2 AgBr + O-C6H4-O- -> 2 Ag + 2 Br- +

3) Le bain d'arrêt

Pour éviter que l'image noircisse on stoppe la révélation en trempant le négatif dans le bain d'arrêt qui est généralement constitué d'eau distillée.


4) La fixation

Dans le bain de fixage, c’est l’ion thiosulfate sert de fixateur. La solution de fixage est préparée en dissolvant dans 500 mL d’eau 50 g de thiosulfate de sodium (Na2S2O3 à 100 g.L-1) et 0,5 g de carbonate de sodium (Na2CO3 à 1 g.L-1).

La réaction qui se produit est une complexation* de l’ion argent (I) :

Ag+ + S2O32- -> Ag(S2O3)-

Ag(S2O3)- + S2O32- -> Ag(S2O3)23-

Ag(S2O3)23- + S2O32- -> Ag(S2O3)35-

Cette complexation permet de former un complexe stable de l’ion argent (I) et ainsi de lui éviter d’être à nouveau réduit en Ag. Le négatif est à ce moment stabilisé et peut être exposé à la lumière du jour.

 

Conclusion :

Pour conclure, on a pu se rendre compte à travers ces explications que la photographie argentique au petit format a été une grande avancée technologique par rapport aux grand et moyen formats, qui a de nombreux avantages à l'utilisation (appareils plus compacts par exemple).

Toutefois nous observons que la technique et les principes de bases sont restés les mêmes.

 

 


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